Cette nuit-là je l’attendais.
Pas comme on attend quelqu’un dans le monde physique, mais avec cette impatience du cœur celle qui ne s’explique pas, celle qui sait. J’étais là, avec mon mari, dans un lieu que je ne reconnaissais pas comme suspendue entre deux mondes. Et à travers une grande fenêtre, je l’ai vue.
Ma fille. Elle arrivait dans un taxi adapté, entourée d’autres véhicules, d’autres personnes comme si elle faisait partie d’un mouvement plus grand, d’un ailleurs que je ne peux nommer. Mon cœur battait fort. Je savais que c’était elle. Je savais que j’allais la revoir.
Alors je suis sortie. Je me suis mise à marcher vers elle au début avec mon mari, ancrée dans ma réalité puis, doucement, j’ai lâché sa main. Parce que ce moment c’était le mien avec elle. Je l’ai rejointe. Elle parlait, elle avançait avec une canne comme si une part de son histoire restait visible, mais sans jamais l’empêcher d’avancer.
Et moi je me suis placée face à elle. Je marchais à reculons juste pour ne pas la quitter des yeux. Juste pour rester avec elle, encore un peu encore quelques secondes d’éternité. Puis je l’ai serrée dans mes bras. Un vrai câlin. Un de ceux qui réparent. Un de ceux qui apaisent. Je l’ai embrassée.
Et à cet instant tout était calme. Tout était doux. Tout était en paix. Autour, j’entendais des voix dire “attention” comme un murmure du monde, comme un rappel subtil que je devais continuer d’avancer. Mais dans mon cœur il n’y avait que l’amour.
Je me suis réveillée sereine. Pas dans la douleur. Pas dans le manque. Mais dans cette sensation profonde que, quelque part le lien existe encore. Ce rêve n’était pas qu’un souvenir. C’était une rencontre.
Un espace où le cœur et l’âme se rejoignent là où l’amour ne meurt jamais. Et aujourd’hui, je comprends doucement. Je peux continuer de l’aimer, de lui parler,
de la ressentir tout en avançant dans ma vie.
Parce que l’amour ne retient pas il accompagne. Et elle, elle marche encore à mes côtés, autrement mais toujours.